Punaises - Blissidae

Description  Petites punaises parfois très allongées et plates, aux diverses teintes de brun, ailes plus ou moins longues. Blissus leucopterus hirtus
Blissus leucopterus hirtus
Nombres  Deux espèces représentent cette famille au Québec qui comprend 50 genres et 435 espèces mondialement (Henry, 2009).
Alimentation  Les deux espèces sont phytophages. Blissus leucopterus hirtus se spécialise dans les poacées qui composent les gazons qu'elle peut endommager lorsqu'elle est présente en grand nombre.

Ischnodemus falicus serait monophage sur la Spartine pectinée, indigène ou ornementale.
Taille  Entre 4,0 et 5,3 mm.
Taxinomie  La famille était considérée jadis comme une sous-famille des Lygaeidae.



Blissus leucopterus hirtus
La littérature à propos de hirtus est abondante et pour cause. Cette minuscule punaise, lorsqu'elle est présente en grand nombre, peut causer des dommages visibles aux surfaces gazonnées telles que terrains de golf, terrains de jeux, pelouses résidentielles, etc. Elle se nourrit en zone ensoleillée et tolère des températures au sol bien au-delà de 40°C, contrairement à Blissus leucopterus leucopterus qui n'y survit pas (Sweet, 2000).

Blissus leucopterus (BL) et Blissus leucopterus hirtus (BLH)
En 1893, Montandon décrit Blissus hirtus. Barber (1918) affirme que, tout au plus, peut-on considérer hirtus comme une variété de Blissus leucopterus, particulièrement commune au nord-est des États-Unis et du Canada. Leonard (1968) pense que hirtus est une sous-espèce de Blissus leucopterus; il établi un néoptype pour Blissus leucopterus hirtus. Sweet (2000) souligne l'absence complète de BLH sur les cultures de maïs et de céréales, au contraire de Blissus leucopterus leucopterus (BLL), qui est un ravageur de ces cultures. L'auteur note que BLH pourrait même mériter le statut d'espèce à part entière.

Leonard (1966) précise que les deux Blissus, (BL) et (BLH) sont très semblables mais diffèrent sur certains points:
-la distribution géographique: BLH plus au nord que BL,
-la couleur des poils qui les couvrent: BLH longs, dorés alors que BL plus courts, argentés ou jaune pâle,
-la couleur de l'abdomen: BLH plus foncé que BL,
-la nourriture: poacées dans les deux cas mais spécialisation de BLH pour les gazons et BL pour les céréales,
-la proportion de brachyptères (ailes courtes): BLH 63.7% (sur 538 adultes) et BLL 0.1% (sur 907 adultes).

La prédominance des individus BLH à ailes courtes s'expliquerait par la présence proche des sources de nourriture (gazons) qui peuvent être, en cas de besoin, rejoints en marchant. Les Blissus qui s'alimentent des cultures de céréales devraient au contraire se déplacer sur de plus grandes distances après une récolte, par exemple, pour atteindre une autre source de nourriture (Sweet 2000, Vittum 2020).
Blissus leucopterus hirtus Blissus leucopterus hirtus Blissus leucopterus hirtus
Cycle de vie
Blissus leucopterus hirtus hiberne au stade adulte parmi des touffes d'herbe, sous des débris végétaux, près des solages ou sous certains revêtements d'habitations. Les nymphes, même si elles trouvent un refuge, ne survivent pas à l'hiver si elles n'ont pas atteint le stade adulte (Leonard, 1966). L'accouplement a lieu au printemps; l'espèce serait univoltine au Québec (en 2025); dès 1936, Maxwell & MacLeod avaient observé deux générations à Long Island (NY).
Oeufs et les cinq stades de nymphes Blissus leucopterus hirtus.
Blissus leucopterus Blissus leucopterus Blissus leucopterus
La femelle dépose ses oeufs près de la poacée où les nymphes se nourriront: dans le sol près de ses racines, à sa base ou dans la gaine foliaire de la plante (Luginbill, 1922). Luginbill (1922), a observé que les adultes ou les nymphes mis en cage se rassemblent en petits groupes pour se nourrir. En liberté, elles sont très rapides pour fuir ou pour s'échapper entre les doigts qui cherchent à les capturer. Elles simulent la mort, note aussi l'auteur.
Blissus leucopterus Blissus leucopterus Blissus leucopterus
Les illustrations de Luginbill (1922) représentent BLL mais les nymphes de BLH devraient être similaires. Toutefois, aux stades III et IV elles prennent une coloration orange alors que les BLL sont rougeâtres (Sweet, 2000).
Ischnodemus falicus
Hôte
Sur le terrain, I. falicus présente une spécificité remarquable à la Spartine pectinée (Poacée), même si, en laboratoire, elle accepte de se nourrir d'autres poacées (Harrington, 1972). D'après Wheeler (1996), divers auteurs du début du siècle dernier ont relevé la présence de I. falicus sur différentes poacées ou carex. Toutefois, d'après Hendrickson (1930), puis Harrington (1972) I. falicus serait monophage sur la Spartine pectinée. Sur le terrain, Harrington a noté l'absence complète de I. falicus sur d'autres espèces de spartine poussant pourtant à proximité (S. alterniflora et S. patens).

Toutes les sources consultées présentent la Spartine pectinée sous le nom scientifique de Spartina pectinata qui serait un synonyme de Sporobolus michauxianus (Canadensys, 2025). Le cultivar Aureomarginata est dérivé de l'espèce indigène et vendu en pépinière comme plante d'ornement.

Grégarité
Harrington (1972) a étudié I. falicus en laboratoire et sur le terrain de 1964 à 1966. Les nymphes gardées isolées en captivité avaient un taux de survie moins élevé que celles qui étaient en groupe. Certaines, d'après l'auteur, ont même réussi à s'échapper de leur boîte de Pétri pour rejoindre une autre captive. Sur le terrain, 23 paires de punaises accouplées s'entassaient sur une petite zone de moins de 8 cm d'une feuille de Spartine pectinée alors qu'aucune autre punaise n'était présente sur tout le reste de la plante.
Ischnodemus falicus Ischnodemus falicus Ischnodemus falicus
Cycle de vie
À l'automne, les adultes qui hibernent se rassemblent dans les gaines foliaires des tiges étalées sur le sol. Au printemps suivant, on peut les observer à la base des tiges ou dans des fissures dans le sol. L'accouplement a lieu fin mai (Wheeler, 1996). Les oeufs sont déposés en groupes, au sein de la gaine foliaire serrée autour de la tige. Les premiers stades nymphaux apparaissent à la fin juin et le développement complet, de l'oviposition à l'adulte, dure deux mois. Les nymphes qui n'ont pas eu le temps d'atteindre le stade adulte ne survivent pas à l'hiver. L'espèce est univoltine au Connecticut et au Québec mais pourrait être bivoltine plus au sud (Harrington, 1972).
Humidité
Le taux d'humidité est un facteur déterminant pour le bon développement de I. falicus. Les oeufs et les premiers stades nymphaux sont vulnérables à une grande sécheresse. Au contraire, surtout en laboratoire, Harrington (1972) a noté que les oeufs étaient atteints par de la moisissure lorsque le taux d'humidité était trop élevé.
Ischnodemus falicus Ischnodemus falicus
De profil, on constate la forme aplatie, adaptée à la vie dans la gaine foliaire de la spartine. Accouplement. La femelle, à droite, est plus grande. Elle se déplace en traînant le mâle derrière elle. Le vol des I. falicus, observé en laboratoire, est bref et ne parcourt généralement pas plus d'une trentaine de centimètres (Harrington,1972).
Ischnodemus falicus nymphe Ischnodemus falicus nymphe Ischnodemus falicus nymphe
Ischnodemus falicus, nymphes au stade IV
 
Deux nymphes Ischnodemus falicus au stade V sur une Spartine pectinée Aureomarginata.
Liste des espèces de Blissidae du Québec
La liste des espèces a été tirée de Maw et al. (2000). Pour connaître les espèces présentes dans les régions adjacentes au Québec, consultez la liste de Roch (2024). La longueur est tirée de Larochelle (1983).
Nom Longueur
(mm)
Hôtes
Blissus leucopterus hirtus Montandon 4,0 - 4,3 Poacées des pelouses et gazons.
Ischnodemus falicus (Say) 4,3 - 5,3 Spartine pectinée (Sporobolus michauxianus).

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