| Blissus leucopterus hirtus |
La littérature à
propos de hirtus
est abondante et pour cause. Cette minuscule punaise,
lorsqu'elle est présente en grand nombre, peut causer des dommages
visibles aux surfaces gazonnées telles que terrains de golf, terrains de
jeux, pelouses résidentielles, etc. Elle se nourrit en zone ensoleillée
et tolère des températures au sol bien au-delà de 40°C, contrairement
à Blissus
leucopterus leucopterus qui n'y survit pas (Sweet, 2000).
Blissus leucopterus
(BL) et
Blissus
leucopterus hirtus (BLH)
En 1893, Montandon décrit Blissus
hirtus. Barber (1918) affirme que,
tout au plus, peut-on considérer hirtus
comme une variété de Blissus
leucopterus, particulièrement commune au nord-est des
États-Unis et du
Canada. Leonard (1968) pense que hirtus
est une sous-espèce de Blissus
leucopterus; il établi un néoptype pour Blissus leucopterus hirtus.
Sweet (2000) souligne l'absence complète de BLH sur les cultures de
maïs et de céréales, au contraire de Blissus leucopterus leucopterus
(BLL), qui est un ravageur de ces cultures. L'auteur note que BLH
pourrait même mériter le statut d'espèce à part entière.
Leonard (1966) précise que les deux Blissus, (BL) et
(BLH) sont très
semblables mais diffèrent sur certains points:
-la distribution géographique: BLH plus au nord que BL,
-la couleur des poils qui les couvrent: BLH longs, dorés alors que BL
plus courts, argentés ou jaune pâle,
-la couleur de l'abdomen: BLH plus foncé que BL,
-la nourriture: poacées dans les deux cas mais spécialisation de BLH
pour les gazons et BL pour les céréales,
-la proportion de brachyptères (ailes courtes): BLH 63.7% (sur 538
adultes) et BLL 0.1% (sur 907 adultes).
La prédominance des individus BLH à ailes courtes s'expliquerait par la
présence proche des sources de nourriture (gazons) qui peuvent être, en
cas de besoin, rejoints en marchant. Les Blissus qui
s'alimentent des
cultures de céréales devraient au contraire se déplacer sur de plus
grandes distances après une récolte, par exemple, pour atteindre une
autre source de nourriture (Sweet 2000, Vittum 2020).
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Cycle de vie
Blissus
leucopterus hirtus hiberne au stade adulte parmi des
touffes d'herbe, sous des débris végétaux, près des solages ou sous
certains revêtements d'habitations. Les nymphes, même si elles trouvent
un refuge, ne survivent pas à l'hiver si elles n'ont pas atteint le
stade adulte (Leonard, 1966). L'accouplement a lieu au printemps;
l'espèce serait univoltine au Québec (en 2025); dès 1936, Maxwell
& MacLeod avaient observé deux générations à Long Island
(NY).
Oeufs et les cinq stades de
nymphes Blissus
leucopterus hirtus.
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| La femelle dépose ses oeufs près
de la poacée où les nymphes se nourriront: dans le sol près de ses
racines, à sa base ou dans la gaine foliaire de la plante (Luginbill,
1922). |
Luginbill (1922),
a observé que les adultes ou les nymphes mis en cage se rassemblent en
petits groupes pour se nourrir. En liberté, elles sont très rapides
pour fuir ou pour s'échapper entre les doigts qui cherchent à les
capturer. Elles simulent la mort, note aussi l'auteur. |
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| Les illustrations
de Luginbill (1922) représentent BLL mais les nymphes de BLH devraient
être similaires. Toutefois, aux stades III et IV elles prennent une
coloration orange alors que les BLL sont rougeâtres (Sweet, 2000). |
| Ischnodemus falicus |
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Hôte
Sur le terrain, I. falicus présente une spécificité remarquable à
la Spartine pectinée (Poacée), même si, en laboratoire, elle accepte de
se nourrir d'autres poacées (Harrington, 1972). D'après Wheeler (1996),
divers auteurs du début du siècle dernier ont relevé la présence de I. falicus sur
différentes poacées ou carex. Toutefois, d'après Hendrickson (1930),
puis Harrington (1972) I.
falicus serait monophage sur la Spartine pectinée. Sur le
terrain, Harrington a noté l'absence complète de I. falicus sur
d'autres espèces de spartine poussant pourtant à proximité (S. alterniflora et S. patens).
Toutes les sources consultées présentent la Spartine pectinée sous le
nom scientifique de Spartina
pectinata qui serait un synonyme de Sporobolus michauxianus
(Canadensys, 2025).
Le cultivar Aureomarginata
est dérivé de l'espèce indigène et vendu en pépinière comme plante
d'ornement.
Grégarité
Harrington (1972) a étudié I.
falicus
en laboratoire et sur le terrain de 1964 à 1966.
Les nymphes gardées isolées en captivité avaient un taux de survie
moins élevé que celles qui étaient en groupe. Certaines, d'après
l'auteur, ont même réussi à s'échapper de leur boîte de Pétri pour
rejoindre une autre captive. Sur le terrain, 23 paires de punaises
accouplées s'entassaient sur une petite zone de moins de 8 cm d'une
feuille de Spartine pectinée alors qu'aucune autre punaise
n'était présente sur tout le reste de la plante.
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Cycle de vie
À l'automne, les adultes qui hibernent se rassemblent dans les gaines
foliaires des tiges étalées sur le sol. Au printemps suivant, on peut
les observer à la base des tiges ou dans des fissures dans le sol.
L'accouplement a lieu fin mai (Wheeler, 1996). Les oeufs sont déposés
en groupes, au sein de la gaine foliaire serrée autour de la tige. Les
premiers stades nymphaux apparaissent à la fin juin et le développement
complet, de l'oviposition à l'adulte, dure deux mois. Les nymphes qui
n'ont pas eu le temps d'atteindre le stade adulte ne survivent pas à
l'hiver. L'espèce est univoltine au Connecticut et au Québec mais
pourrait être bivoltine plus au sud (Harrington, 1972).
Humidité
Le taux d'humidité est un facteur déterminant pour le bon développement
de I. falicus.
Les oeufs et les premiers stades nymphaux sont vulnérables à une grande
sécheresse. Au contraire, surtout en laboratoire, Harrington (1972) a
noté que les oeufs étaient atteints par de la moisissure lorsque le
taux d'humidité était trop élevé.
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| De profil, on constate la forme
aplatie, adaptée à la vie dans la gaine foliaire de la spartine. |
Accouplement. La
femelle, à droite, est plus grande. Elle se déplace en traînant le mâle
derrière elle. Le vol des I.
falicus, observé en laboratoire, est bref et ne parcourt généralement pas plus d'une trentaine de centimètres (Harrington,1972). |
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Ischnodemus
falicus, nymphes au stade IV |
Deux nymphes Ischnodemus
falicus au stade V sur une Spartine
pectinée Aureomarginata. |